Une manière de combatre contre l’obésité
septembre 28th, 2006 · Aucuns commentaires
L’association de consommateurs attaque les « fabricants d’obésité ». Les industriels s’élèvent quant à eux contre « la mauvaise foi » de l’organisation.
La publicité télévisée pour des produits alimentaires peut-elle orienter les comportements des enfants et accélérer les phénomènes d’obésité ? Pour l’association UFC Que Choisir, c’est une évidence. Étude à l’appui, l’association réclame aux pouvoirs publics l’interdiction des publicités de produits trop riches en graisses, sucre ou sel pendant les programmes destinés à la jeunesse (7-14 ans).
Selon l’étude d’UFC, la publicité permet de construire « l’idéal alimentaire des enfants ». Selon l’association de consommateurs, près de 90 % des produits promus pendant les programmes dédiés aux enfants et aux adolescents sont à faible valeur nutritionnelle. Or, ceux-ci affichent en majorité leur préférence pour un produit dont la publicité a été faite à la télévision plutôt que pour une marque qui n’a pas investi en promotion. L’étude insiste sur leur rôle de prescripteur d’achat. 40 % des parents estiment qu’il est « difficile de résister aux réclamations de leurs enfants » et 80 % reconnaissent leur « céder ».
Kraft arrête la publicité Fort de ce constat, Alain Bazot, le président d’UFC Que Choisir, veut profiter de la discussion en décembre de la directive « Télévision sans frontières » pour demander l’interdiction des publicités à destination des enfants pour les produits à faible valeur nutritionnelle.
Une pratique qui existe déjà en Suède et au Québec. « L’interdiction de la publicité dans ces pays n’a eu aucun impact sur l’obésité des enfants », insiste Jean-René Buisson, le président de l’Ania qui représente les industries agroalimentaires. « Au Québec, le taux d’obésité a progressé dans les mêmes proportions qu’au Canada où la publicité sur ces produits n’est pas encadrée. De la même façon, en Suède, le taux de surpoids est de 18 % sur les 7-11 ans, alors qu’il est de 17 % en France », détaille-t-il.
« Dans ces pays, où le bilinguisme est fort, les enfants regardent autant les chaînes locales que les télévisions anglo-saxonnes », répond UFC. L’Ania, qui dénonce la méthodologie de cette étude, « fondée essentiellement sur un procédé déclaratif », rappelle que le Bureau de la vérification de la publicité encadre déjà la publicité à destination des enfants.
Certains industriels n’ont pas attendu le déclenchement de la polémique pour réagir. C’est notamment le cas de Kraft Jacob Suchard, qui s’est interdit d’investir en publicité Ã la radio, Ã la télévision ou dans les magazines lorsque la campagne concerne les enfants de moins de 6 ans. De même, le groupe américain a décidé de revoir pas moins de 800 recettes afin d’alléger en sucre et en sel certains de ses produits.
« Il n’y a aucune raison de stigmatiser les industriels. Nous ne fabriquons pas de la drogue. Nos produits sont bons pour la santé, ils ont juste des qualités nutritionnelles différentes », insiste Jean-René Buisson. Visiblement énervé par la communication d’UFC Que Choisir, il n’hésite pas d’ailleurs à qualifier les enquêteurs d’« ayatollahs de l’interdiction ». d’après lefigaro.fr
Étiquettes: Entreprise