Une belle histoire de pêche et de nature - II
septembre 25th, 2006 · Aucuns commentaires
Yvan Landry, qui a grandi à Cap-Chat, se souvient des maisons de pêcheur de son village. «Près du quai, il y avait un hameau de pêcheurs qu’on appelait le Petit Canada. C’étaient des maisons assez modestes, plutôt carrées, avec un toit à deux versants, couvertes de bardeaux de cèdre qui devenaient gris avec le temps.» Les maisons étaient entourées d’agrès de pêche, de barges, de vigneaux pour faire sécher la morue et d’une boucanerie.
Malheureusement, au début des années 70, une grande marée a gravement endommagé le hameau. Devant l’ampleur des dégâts, les autorités ont décidé d’exproprier les résidants, et le Petit Canada a été rasé.
Les maisons du Petit Canada ne sont pas les seules à avoir passé sous les bulldozers. Les emplacements qu’elles occupaient, sur le bord de l’eau, étaient recherchés.
«Au début des années 70, il en restait quelques-uns, utilisés par des pêcheurs âgés qui ne pouvaient pas se résigner à abandonner leur métier. Et quelques-unes ont pu survivre aux pics des démolisseurs constructeurs de chalets», note M. Gauthier.
En Haute-Gaspésie, les villages de Ruisseau-à -Rebours et de Tourelle comptent encore quelques-unes de ces maisons, en planches verticales et toit de bardeaux.
Et la disparition de la pêche artisanale a contribué à l’abandon de ces abris, souligne M. Mimeault. «À partir du moment où on passe à la pêche industrielle, le pêcheur n’a plus besoin d’être à côté de son lieu de pêche. Il part une semaine, et revient avec de grosses quantités.»
M. Landry tient à souligner que ces maisons appartiennent maintenant au folklore. «Pendant longtemps, être pêcheur était une activité extrêmement humble. Tandis qu’aujourd’hui, sans rouler sur l’or, les pêcheurs sont pas mal plus à l’aise.» À tel point que pour un Gaspésien, en 2006, une «maison de crabier» est devenue synonyme de maison cossue…
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