Scania veut pas acheter MAN
septembre 26th, 2006 · Aucuns commentaires
Le conglomérat allemand a lancé une OPA de 9,6 milliards d’euros pour s’offrir le constructeur suédois de camions. Renault cède ses parts. Volkswagen et la famille Wallenberg refusent.
MAN est passé Ã l’action. Haakan Samuelsson, PDG du groupe industriel allemand, s’est déplacé jusqu’Ã Stockholm pour présenter les modalités de l’OPA de 9,6 milliards d’euros qu’il a lancée sur le constructeur de poids lourds suédois Scania.
« À la tribune, il était très discret, ne s’animant que lorsqu’il s’agissait de mettre en exergue les bienfaits de la fusion, ou sa logique industrielle », note un expert. L’homme a l’avantage de bien connaître le métier et surtout la cible qu’il convoite pour y avoir fait ses classes. Cette opération est destinée à créer le numéro 1 du camion sur le marché européen et le numéro 3 dans le monde derrière DaimlerChrysler et Volvo. Ensemble, MAN et Scania pourraient réaliser un chiffre d’affaires de 18,5 milliards pour un résultat opérationnel de 1,4 milliard. Les synergies sont chiffrées à 500 millions, alors que les coûts d’intégration seraient en revanche d’environ 150 millions. L’ensemble emploierait 80 000 personnes qui fabriqueraient aussi des turbines et des moteurs diesel.
Pour mener son raid à bien, MAN a décidé de valoriser chaque action à 48 euros, soit une prime de 39 % calculée sur le cours moyen des trois derniers mois. Quoi qu’il en soit, le rachat est loin d’être acquis. Pour l’heure, seul le groupe Renault a annoncé la cession de sa participation. Le conseil d’administration de Scania a rejeté l’offre. De même, la famille Wallenberg, qui détient 10,8 % du capital de Scania (29 % des droits de vote) via Investor AB, a fait savoir qu’elle n’apportait pas ses titres à l’offre.
Hier, en milieu d’après-midi, le groupe Volkswagen (VW), premier actionnaire, du groupe suédois, décidait de ne pas apporter ses titres à son compatriote dans son raid. « Une acceptation de l’offre de reprise sur Scania présentée aujourd’hui par MAN ne représenterait pas cet intérêt industriel », a souligné une porte-parole.
Les prochaines semaines seront crucialesQue va faire Haakan Samuelsson ? Lâchera-t-il aussi facilement sa proie ? Augmentera-t-il son offre pour acquérir le BMW du poids lourd ? Les prochaines semaines seront cruciales. Il est de bonne guerre de tenter de faire monter les enchères. Toutefois, les deux grands actionnaires ne sont pas dans une position comparable. La famille Wallenberg est suédoise. Il n’est pas certain qu’elle se résigne à abandonner ce fleuron industriel du pays. D’autant que MAN a prévenu : le siège du groupe sera localisé à Munich.
Qu’en sera-t-il de Volkswagen engagé dans une profonde réorganisation pour réduire ses coûts en Allemagne ? La perspective d’engranger au moins 2 milliards d’euros pourrait peut-être l’emporter sur les considérations industrielles.
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